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Les mots pour le dire : « Perdre son latin ». Quoique désormais rare dans les études, on continue de perdre son latin en entreprise. Autant d’orgueil que de modestie dans l’expression. Pourquoi ?
18-11-2009
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« Perdre son latin ». Bien qu’il se fasse rare dans les études, on continue de perdre son latin en entreprise. Mais il y a autant d’orgueil que de modestie dans l’expression. Pourquoi ?
 
  • Le latin a toujours constitué un marqueur social.
  • Dès le Moyen Age, c’est par l’usage du latin que se distinguent les érudits.

  • Il demeurera longtemps la langue des scientifiques.

  • Dans les première années de la Troisième République, Monseigneur Dupanloup (1802-1878), chef de file des conservateurs, estime que le latin constitue le bien commun des classes dirigeantes.

  • Dès le XIVème siècle, apparaît cependant l’expression « perdre son latin ».

  • Curieusement, elle fait d’abord irruption pour dire perdre son temps, comme si la pratique de la langue de Virgile était stérile.

  • Très vite, la formule en vient cependant à signifier ne pas comprendre.

  • Mais pour perdre son latin, encore faut-il l’avoir possédé.

  • Seuls ceux qui ont eu le privilège de l’étudier s’autorisent alors à dire qu’ils en perdent leur latin.

  • Autant qu’un aveu d’incompréhension, la formule résonne ainsi d’une sorte d’autosatisfaction.

  • On en retrouve aujourd’hui la trace : c’est surtout chez ceux qui ont suivi un parcours scolaire classique que l’expression est en usage.

  • Et l’utiliser est une façon de le signaler.



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