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Succès ou échec ?
10-11-2006

Le Monde du 9/11/06 publie un entretien avec Guy Dollé, l’ancien Président d’Arcelor. Après avoir indiqué qu’il approuvait, au nom de l’unité de commandement, la prise de pouvoir complète – non prévue initialement – de Lakshmi Mittal, l’ex-patron du sidérurgiste européen fait part de ses doutes. Il souligne, crescendo, l’endettement du nouveau groupe, les risques de retournement de marché et la complexité d’une fusion de l’importance de celle d’Arcelor et de Mittal, avant de conclure qu’il faudra du temps, beaucoup de temps, pour savoir si l’opération est une réussite.  

Le commentaire oomark 

Au-delà de sa courtoisie forcée et de son fond d’amertume, le propos de Guy Dollé est sévère et résonne comme une mise en garde. Mais il pose ce faisant une question d’ordre théorique. Un ancien responsable d’entreprise est-il à même de porter un jugement objectif sur la stratégie de ses successeurs ? A l’instant même où une personnalité de l’importance d’un Guy Dollé quitte un groupe, celui-ci n’est plus le même. Il y a, comme en physique quantique, une sorte d’interaction entre le sujet et l’objet. Rien n’est plus comme avant : les psychologies, les ambitions, les priorités, tout ce qui fait l’âme et la dynamique d’un groupe se reconfigure au moment même où le leader de l’organisation se retire. A la question « succès ou échec ? » souvent posée aux anciens dirigeants après une fusion qui les a écartés, peut-être faudrait-il avoir la simplicité de répondre qu’on ne peut pas répondre ?

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