Les mots pour le dire : « Changer de crémerie.» Le café joue un rôle central dans la vie professionnelle. Mais pourquoi parler de crémerie quand on change d’entreprise ?
08-02-2010
avec
Avec la
crise, il est moins fréquent de menacer de changer de crémerie si les choses
n’évoluent pas.
Mais
l’expression reste courante.
Et pour
dire qu’on songe à regarder si l’herbe n’est pas plus verte ailleurs, plutôt
que de manifester le désir de changer de boîte, on évoque bien souvent le
projet de changer de crémerie.
Que vient
cependant faire la crème dans l’affaire ?
La crémière
n’est certes pas une inconnue dans le monde professionnel : combien de
fois ne veut-on pas à la fois le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la
crémière !
Mais cette
crémière-là est sans rapport avec la formule.
Ce n’est
pas non plus parce que certains réussissent à faire un fromage de leur fonction
que la crémerie s’est imposée dans le langage d’entreprise.
Si l’on
parle de changer de crémerie, c’est parce qu’autrefois les crémeries
ressemblaient plus à nos brasseries qu’aux boutiques pasteurisées
d’aujourd’hui.
Au XIXème
siècle, la crémerie sert surtout autre chose que de la crème.
Changer de
crémerie, c’était donc changer de cantine ou de bistrot quand l’atmosphère entre
habitués devenait trop lourde.