Skip to content
Pour tenir compagnie à la statue
05-04-2020
Facebook!  Partager sur Twitter
 

 
Je pensais à Miss Stein et à Sherwood Anderson, et à l'égoïsme et à la paresse mentale, par opposition à la discipline, et je me demandai qui appelle qui une génération perdue? Puis comme j'arrivais à la hauteur de la Closerie des Lilas, la lumière se reflétait sur mon vieil ami, le maréchal Ney, statufié sabre au poing, et l'ombre des arbres jouait sur le bronze, et il était là, tout seul, sans personne derrière lui, avec le fiasco qu'il avait fait à Waterloo, et je pensai que toutes les générations sont perdues par quelque chose et l'ont toujours été et le seront toujours et je m'arrêtai à la Closerie pour tenir compagnie à la statue et pris une bière bien fraîche avant de rentrer à la maison, dans l'appartement au-dessus de la scierie.
 
Ernest Hemingway, Paris est une fête, Gallimard, 1964, posthume






 
 

jjsjpeg

 

 

 

 

 

 

   

Jean-Jacques Salomon

Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir  

                                                              
Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
 

Newsletter quotidienne gratuite

 Inscription à EN MÊME TEMPS (par oomark)

Le point de détail

Un lunch arrosé de Deidesheimer

Pendant que Blomberg parlait, Goebbels faisait travailler ses projecteurs et ses appareils de cinématographie. Dirigés d'abord vers la scène, on les tourna ensuite vers la loge où Hitler était assis. Le défilé habituel suivit le service , mais j'en avais vu assez et j'avais faim. Je me rendis dans l'exc [ ... ]
Obligé par la fashion

— Et ce petit homme, au ventre arrondi, au sourire malicieux, qui veut avoir l’air grave ? C’est un homme d’esprit* qui écrit sur les arts d’imagination, c’est le consul de Civita-Vecchia, qui s’est cru obligé par la fashion de quitter son poste sur la Méditerranée, pour venir se balancer [ ... ]
De leur allure continue et paresseuse

Au milieu du grand silence, et dans le désert de l'avenue, les voitures de maraîchers montaient vers Paris, avec les cahots rhythmés (sic) de leurs roues, dont les échos baltaient les façades des maisons, endormies aux deux bords, derrière les lignes confuses des ormes. Un tombereau de choux et un tombereau de pois, au po [ ... ]