Skip to content
Servitude et grandeur militaires
25-08-2017
Facebook!  Partager sur Twitter

A la veille de la Première Guerre mondiale, la doctrine de l'état-major français vient de faire peau neuve. Après des décennies de préférence pour la manœuvre, l'heure est à l'offensive. En août 14, le général Lanrezac (1852-1925) commande les quelque 300 000 hommes de la Ve armée. Lors de la bataille de Charleroi, les ordres de Joffre sont – conformément à la doctrine – d’attaquer à outrance. Impuissant à convaincre son chef, Lanrezac prend sur lui de reculer. Sa désobéissance permet de sauver la quasi-totalité de ses troupes, qui joueront par la suite un rôle déterminant. Joffre lui reproche son indécision et sa tendance à contester la hiérarchie. Il lui retire son commandement à la veille de la bataille de la Marne. Lanrezac consacrera les dix dernières années de sa vie à justifier sa décision. Au lendemain de sa mort, on commence à admettre la pertinence de son choix. Une petite rue lui est attribuée à Paris entre les prestigieuses avenues Mac-Mahon et Carnot, ses cendres sont transférées aux Invalides en 1933, son nom tombe cependant vite dans l’oubli.

Il en va habituellement ainsi des généraux qui ouvrent leur gueule. Mais comme, une fois par siècle, cela donne un Murat ou un de Gaulle, certains continuent de tenter le coup. 

 

jjsjpeg

 

Jean-Jacques Salomon

Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

 

Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
 

Newsletter quotidienne gratuite

 Inscription à EN MÊME TEMPS (par oomark)

Edito

Collectivisme

Saccard, intéressé, le regardait avec une vague inquiétude, bien qu'il le prît pour un fou. − Mais enfin, expliquez-moi, qu'est-ce que c'est que votre collectivisme ? − Le collectivisme, c'est la transformation des capitaux privés, vivant des luttes de la concurrence, en un capital social unitaire, exploité par le t [ ... ]
La cause grecque

Les peuples, comme les hommes, se mesurent à leurs rêves. La France n’est devenue la France que grâce à un certain pouvoir qu’elle eut quelquefois de rêver non pour elle seulement, mais pour tous les hommes […] , écrit Jean Guéhenno au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. La France dans [ ... ]
Mondanités

Ce que je reproche aux journaux, c’est de nous faire faire attention tous les jours à des choses insignifiantes tandis que nous lisons trois ou quatre fois dans notre vie les livres où il y a des choses essentielles , écrit Proust – au demeurant grand amateur du Carnet Mondain du Figaro. Que dirait-il aujourd’hui des [ ... ]