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Diagonales : Quelle confiance faire à sa rue ? |
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07-01-2010 |
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L'entrepreneur pense à beaucoup de choses quand il choisit où installer son entreprise, mais il s'attarde rarement sur le nom de sa future rue. Il y a pourtant là aussi un risque qui mérite d'être évalué. En 2001, les commerçants de la rue Richepanse, dans le quartier de la Madeleine à Paris, en ont fait l'expérience.
Général de l'An II, Antoine Richepanse (1770-1802) est envoyé par Bonaparte en 1801 à la Guadeloupe, avec l'ordre secret d'y rétablir l'esclavage. Il y parvient au prix d'une répression féroce, mais meurt de la fièvre jaune l'année suivante. On donne son nom à une rue parisienne. Or, du fait de la loi Taubira qui déclare l'esclavage colonial crime contre l'humanité, il est légalement impossible depuis 2001 de conserver ce nom. La rue Richepanse est rebaptisée Chevalier-de-Saint-George, un ancien esclave guadeloupéen devenu musicien apprécié dans les cours européennes du siècle des Lumières. En 2002, le conseil municipal de Paris refuse d'accorder une indemnité aux riverains, au motif que rayer de la carte le nom d'un symbole de l'ordre raciste et esclavagiste ne constitue pas un préjudice. Les commerçants en sont pour leurs poches.
Méfiance donc. Au moment de choisir l'adresse d'un siège social, consulter le cadastre ne suffit pas : on gagne à étudier aussi les notices biographiques !
Jean-Jacques Salomon
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