Skip to content
Deux blessures sans gravité
08-02-2020
Facebook!  Partager sur Twitter

Dans un jardin ombragé par des arbustes bienveillants, enveloppé d’une douceur printanière, chemise blanche, col ouvert, manches retroussées, deux hommes, épée à la main, se jugent, se jaugent, puis, sur un signe de l’arbitre, croisent le fer. Quatre minutes plus tard, le combat cesse un des deux duellistes ayant été touché par deux fois au bras. Cette scène n’est extraite d’aucun roman ou film de cape et d’épée. Elle eut lieu il y a exactement cinquante ans, le 21 avril 1967, dans le parc d’un hôtel particulier de Neuilly-sur-Seine.
 
Elle opposait deux parlementaires : Gaston Defferre, maire de Marseille, député SFIO et président de son groupe à l’Assemblée nationale, et le très gaulliste René Ribière, élu du Val-d’Oise, révoqué de la préfectorale pour avoir assisté, en tenue de sous-préfet, à une manifestation du Rassemblement du peuple français (RPF). Ils furent les protagonistes du dernier duel disputé en France.
 
La veille, lors d’un débat houleux, alors qu’il est sans cesse interrompu pendant son intervention, Gaston Defferre apostrophe son collègue le plus virulent : « Taisez-vous, abruti ! » L’incident n’en reste pas là. Plus tard, dans la salle des Quatre-Colonnes, Ribière demande des excuses à son offenseur, mais le fougueux Marseillais les lui refuse. L’offensé lui envoie derechef deux témoins pour exiger réparation. Ayant le choix des armes, il choisit l’épée. Trois assauts et deux estafilades plus tard, l’arbitre Jean de Lipkowski, un gaulliste de gauche, arrête le combat, Ribière a deux blessures sans gravité.
 
Le député valdoisien n’avait, semble-t-il, jamais touché à une épée et le fait que l’un de ses grands-pères se soit battu en duel en 1910 ne lui fut pas d’un grand secours. Il n’en a pas été de même pour son adversaire des Bouches-du-Rhône, vieux briscard habitué à en découdre, qui s’était déjà mesuré au radical Paul Bastid, vingt ans plus tôt au pistolet.

 
Le Monde, 21 avril 2017






jjsjpeg

 

 

 

 

 

 

   

Jean-Jacques Salomon

Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir  

                                                              
Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
 

Newsletter quotidienne gratuite

 Inscription à EN MÊME TEMPS (par oomark)

Le point de détail

Les habitudes d'une vie tapageuse

L'origine des femmes, se succédant dans la maison de l'Avenue de Suffren, était diverse. Le plus grand nombre venait du quartier latin. D'anciennes danseuses de Bullier et du Prado, des ci-devant habituées de la rôtisserie de la rue Dauphine, auxquelles n'avait point souri la chance, et qui de leur passé d'étudiantes, de leur exi [ ... ]
Un défaut de solidité

Paris a des rues courbes, des rues qui serpentent ; mais peut-être ne compte-t-il que la rue Boudreau, dans la Chaussée-d’Antin, et, près du Luxembourg, la rue Duguay-Trouin, qui figurent exactement une équerre. La rue Duguay-Trouin étend une de ses deux branches sur la rue de l’Ouest, et l’autre sur la rue de Fleurus. [ ... ]
Cette allure équivalente à celle des trains express

La Petite République ne peut masquer son admiration pour les voitures du Paris-Bordeaux de 1899, même si elle qualifie d'« infernale » l'allure de ces bolides dépassant à certains instants une pointe de vitesse à 60 km à l'heure, même s'il considère comme un « abus d'effort » cette allure &eac [ ... ]