Curiosités : « Hôtesse de l’air ». Une compagnie aérienne française peut interdire à ses hôtesses de l’air de se marier. Vrai ou faux ?
07-03-2010
avec
Réponse : faux… depuis 1963
Ce n’est
que depuis un arrêt du 30 avril 1963 de la Cour d’appel de Paris que les hôtesses
de l’air sont autorisées à se marier.
Jusqu’à
cette date, le règlement intérieur d’Air France prévoyait que le mariage d’une
hôtesse de l’air recrutée célibataire constituait une rupture unilatérale du
contrat de travail et entraînait ipso facto le licenciement de
l’intéressée.
Mais en
1963, une hôtesse, employée depuis plusieurs années par la compagnie nationale
et licenciée au lendemain de son mariage, obtient de la Cour d’appel
l’annulation de son licenciement au motif que la clause de célibat en vigueur
chez Air France est contraire à la liberté matrimoniale et donc nulle.
Par un
revirement de jurisprudence, la Cour d’appel indique sans détours que désormais
toute clause de célibat dans un acte à titre onéreux serait considérée comme
nulle.
Sous
réserve d’exception toutefois : ainsi, en 1978, la Cour de Cassation
estimera-t-elle justifiée le licenciement d’une enseignante dans une école
religieuse qui venait d’épouser un homme divorcé, au motif que le célibat avait
constitué un élément essentiel et déterminant du contrat d’engagement.
Dans le cas
de l’hôtesse de l’air, Air France essaiera de faire casser la décision.
Mais la
Cour de cassation confirmera (en 1968 après un détour par le Tribunal des
Conflits !) la validité de l’arrêt de la Cour d’appel cinq ans plus tôt.
Aujourd’hui, si la nullité des
clauses de célibat est la règle, la Cour de Cassation estime que tout est
affaire de circonstances et s’en remet à l’appréciation souveraine des juges du
fond.
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