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Curiosités : En 1904, une conversation téléphonique de Mlle Sylviac, actrice, est jugée successivement par la Cour de cassation puis par le Conseil d'Etat. Pourquoi ?
15-01-2012
avec

palio

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  •  En 1904, Paris compte 35 000 abonnés au téléphone.
  • Les demoiselles du téléphone sont en nombre notablement insuffisant.

  • Il faut parfois attendre plus d'un quart d'heure pour obtenir une communication.

  • Un jour, une actrice en vue, Mlle Sylviac s'énerve après vingt minutes d'attente : elle donne des noms d'oiseaux à la demoiselle qui est au bout du fil.

  • L'administration du téléphone, un service de l'Etat, défend sa collaboratrice et dépose une plainte devant la justice pénale, réclamant 2000 francs d'amende.

  • Mlle Sylviac bénéficie d'un non-lieu.

  • L'Etat n'en reste pas là : en cassation, il change de tactique et soutient que l'affaire, s'agissant d'un conflit impliquant une fonctionnaire, doit relever de la justice administrative.

  • Mais la Haute juridiction confirme le non-lieu.

  • Pour se venger, l'administration suspend pendant trois semaines la ligne de l'actrice.

  • C'est elle qui porte alors l'affaire devant le Conseil d'Etat, où, en dépit de manoeuvre dilatoires du service du téléphone, elle obtient réparation.

  • D'autres abonnés auront moins de chance : ils sont condamnés, dans les mêmes circonstances, pour injure à fonctionnaire.



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