Culture RH : « Harcèlement ». Pour que le délit de harcèlement moral soit constaté, il faut que le harceleur dispose d’une autorité hiérarchique à l’égard du harcelé. Vrai ou faux ?
Dans
une administration territoriale, un responsable de service avait mis fin à ses
jours.
L’une
de ses collaboratrices fut poursuivie devant la juridiction pénale pour délit
de harcèlement à son encontre.
Il
lui était reproché d’avoir dévalorisé régulièrement l’action de son responsable,
en diffusant une image d'incompétence dans son environnement professionnel et
auprès des agents de son service, en multipliant les refus de se soumettre et
les critiques de ses instructions, en adoptant de manière répétée un
comportement irrévérencieux et méprisant.
La Cour d’appel de Poitiers estime
non établi le délit de harcèlement moral au motif que la prévenue ne se
trouvait pas en position d’autorité hiérarchique vis-à-vis de la
« victime ».
Statuant
à son tour, la Cour
de cassation rejette l’argumentation de la Cour d’appel.
Pour
la juridiction suprême, la loi n’exige nullement que le harceleur se trouve en
position d’autorité hiérarchique à l’égard du harcelé pour reconnaître le
délit.
Le
Code pénal définit en effet le harcèlement moral comme « le fait de
harceler autrui par des agissements répétés ayant pour objet ou pour effet une
dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses
droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale, ou de compromettre
son avenir professionnel », sans faire mention des relations de
subordination ou d’autorité entre les personnes concernées.
Qui
est mouillé ne craint pas la pluie. Ce dicton est systématiquement classé
sur le web dans la catégorie des proverbes grecs modernes. Comme il fleure bon
la campagne française – et la région parisienne ces jours-ci –, on est tenté de douter de cette origine hellénique .
Dans la [ ... ]