Un employeur doit-il comptabiliser dans leur temps de
travail la présence des salariés aux cocktails et autres soirées festives
organisés par l’entreprise pour ses clients ?
A cette question, la
Cour de cassation a répondu positivement par un arrêt de mai
2010.
Un visiteur médical, fréquemment mobilisé pour participer à
des rencontres dînatoires avec des médecins, réclamait à son employeur le
paiement d’heures supplémentaires.
L’employeur soutenait que le salarié, étant libre de ses
mouvements, ne faisait que passer « du bon temps » au cours de ces soirées.
Le salarié défendait au contraire l’idée que ces réunions constituaient
pour lui une obligation dont il ne pouvait se dispenser.
Successivement saisies, la juridiction prud’homale, la Cour d’appel de Rennes et la Cour de Cassation ont estimé
que le caractère répétitif de telles manifestations justifiait de les assimiler
à des réunions professionnelles, et que, nonobstant leur genre festif, le
salarié y demeurait dans une position de subordination à l’égard de son
employeur et ne pouvait pas agir de façon totalement libre comme s’il avait été
en « soirée personnelle ».
Dès lors, les heures consacrées auxdites soirées devaient
être prises en compte dans l’évaluation du temps de travail.
Qui
est mouillé ne craint pas la pluie. Ce dicton est systématiquement classé
sur le web dans la catégorie des proverbes grecs modernes. Comme il fleure bon
la campagne française – et la région parisienne ces jours-ci –, on est tenté de douter de cette origine hellénique .
Dans la [ ... ]