« Il ouvre de grands yeux, il frotte ses mains, il se baisse, il les voit de plus près, (…) revient chez lui fatigué, affamé, mais fort content de sa journée : il a vu des tulipes ».
Si l'amateur de tulipes que décrit La Bruyère est si accroc, c'est qu'il spécule
Certes La Bruyère est né huit ans après la grande crise de la tulipe de 1637.
Mais cet épisode a tant marqué les esprits que, longtemps après, la tulipe demeure un objet de fantasme.
Le mot tulipe vient du turc « Tülben » qui signifie turban.
L’empire ottoman lui voue une véritable passion.
La tulipe est importée sous forme de bulbes en Hollande en 1593.
Les Hollandais se prennent à leur tour d’adoration pour la fleur : la tulipomania s’empare des esprits et une spéculation effrénée sur les bulbes s’engage.
Elle culminera en 1637, lorsque s’échangent des bulbes que leurs propriétaires ne voient même pas passer entre leurs mains : une maison à Amsterdam vaut alors un ou deux bulbes.
Le gouvernement hollandais doit intervenir pour réguler le marché, en stoppant ou réduisant les contrats en cours.
Pendant les trois années de folie des tulipes, des fortunes considérables se seront faites et défaites.
C’est peut-être à quoi songe l’amateur de tulipes de La Bruyère ?