Changements : « Paris ». Le 8 mars 1907, à 18h, la Ville Lumière est plongée dans l’obscurité. Pourquoi ?
19-07-2010
avec
En 1903, le STIE (Syndicat des travailleurs des industries électriques),
affilié jusque-là à la Fédération du Gaz, de tendance réformiste, rejoint la
Fédération des Métaux de la CGT, d’inspiration anarcho-syndicaliste.
Dirigé par Emile Pataud (1869 - 1935), le STIE décide de procéder à des
actions de type révolutionnaire.
A partir de 1905, des grèves dures, accompagnées de coupures limitées de
courant, sont organisées.
Mais le 8 mars 1907, c’est toute la région parisienne, à l’exception des
Halles, qui est privée de courant à partir de 18h.
Clemenceau, ministre de l’intérieur,
fait appel aux sapeurs du génie casernés à Versailles pour remplacer les
électriciens.
Cet appel à l’armée fait pousser des
hauts cris aux députés socialistes : Jaurès interpelle le gouvernement.
Dès le 9
mars, une délégation des grévistes est reçue à l’Hôtel de ville et obtient
satisfaction sur ses revendications.
Fort de ce
succès, Pataud multipliera au cours des deux années suivantes les coupures
sauvages d’électricité.
En 1910,
celui qu’on appelle désormais le « roi Pataud », tant sa puissance
est grande, publie un livre intitulé Le Grand Soir, où il exprime ses
théories.
La même
année, il essaie de profiter de la grève des cheminots pour déclencher une
insurrection, mais celle-ci ayant échoué, Pataud doit se réfugier en Belgique.
Il est de
retour en France en 1911.
Le
« roi Pataud » se rapproche alors progressivement de… l’Action
Française !
Il meurt en
1935.
On ne l’a
cependant pas oublié.
Le 8 juillet 1949, L’Aurore
évoque encore son nom pour stigmatiser les menées communistes à EDF : « Il y a
le précédent Pataud ? Mais feu Pataud n’allait pas chercher, lui, les consignes
à l’étranger ».
Un siècle après la publication du Grand
Soir, les idées de rupture radicale et les méthodes d’action syndicale
violente connaissent un regain d’actualité.
Pour la première fois depuis
longtemps, on observe des coupures sauvages d’électricité.
Qui
est mouillé ne craint pas la pluie. Ce dicton est systématiquement classé
sur le web dans la catégorie des proverbes grecs modernes. Comme il fleure bon
la campagne française – et la région parisienne ces jours-ci –, on est tenté de douter de cette origine hellénique .
Dans la [ ... ]